La Traversée

Au Retour du voyageur - Les lumières du Nord (Jean Désy)


Le 18 mars 2011 avait lieu une soirée en hommage à Jean Désy, tenue à la Maison des écrivains de l'UNEQ. Jean Désy y a présenté un Retour du voyageur intitulé Les lumières du Nord. Sont répertoriés ici les dix hommages qui ont été rendus à Jean Désy lors de la soirée - neuf textes, un vidéo. Ces hommages sont suivis de la présentation de Jean Désy.


 

Introduction - Soirée hommage à Jean Désy

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Introduction - Soirée hommage à Jean Désy
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L'homme à la terre

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Je voudrais, en ouverture de ce bloc d’hommages, prononcer quelques mots à propos de celui que, dans le secret de mon panthéon intérieur et de mon amitié, je surnomme Ugjuk (ou Ujjuk), c’est à dire le «phoque barbu», en inuktitut.

Mais qui est donc Ugjuk, que certains connaissent sous le pseudonyme de Jean Désy? Je réunis ici plusieurs de ses expressions et quelques-unes des miennes et le décris ainsi :

Cher Jean D.

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Cher Jean D, cher coureur d’espace, cher dégustateur d’infini,

J’ai commencé cette lettre, hier, alors qu’une haute pression et un ciel pristin nous transpor-taient d’un seul trait sur les épaules du polaire, flageolants de vertige. Et voilà qu’en la reprenant aujourd’hui, surgit soudainement une bourrasque de neige grasse et frivolante comme il en sur-vient (ou survenait) parfois sur la toundra en plein été et qu’on se laisse emporter par un grand éclat de rire emplumé dont les franges vont rejoindre les flocons en sarabande. Et quelques mil-les plus tard, le ciel s’entrouvre sur un grand calme dont on sent l’intensité comme la circulation sanguine dans les veines du silence.

Le Nord! Le Nord!

Uashtessiu

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Mille fois il a pris la 138 et la Côte-Nord en bandoulière, les comédies musicales dans sa gibecière, pour aller danser autour des îles Mingan, dans son bateau troué de capitaine fou. Tea for two…

Mère et montagne

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À toi, Jean du Nord, de la Poune et des Sommets, à toi qui m’héberges dans ta cabane, à l’abri des bourrasques et de la folie, savais-tu que nos mères se sont glissées entre les lignes de nos récits d’expédition pour assurer notre retour ?

Tu écris : «Parfois, le voile de l’imagination délétère fait qu’on croit qu’il n’y a plus rien ni personne qui en vaille la peine. C’est alors qu’il n’est plus si compliqué de laisser son esprit vaciller.» (La Poune ressuscitée, p. 13.)

L'échapée nomade

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On ne lit pas, on s’aventure dans un Jean Désy. On prend un de ses livres dans nos mains, on l’ouvre, et c’est l’arrière-pays qui se découvre.

Et moi qui suis d’une île … À Jean Désy, nomade qui vient du froid

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Je suis d’une île indianocéane née du magma volcanique du tropique du Capricorne. Un cratère surplombe mon lieu originel que ceinturent des montagnes de basalte bleu, sculptées par des géants affirme le poète.

Dans la tiédeur australe, j’ai toujours senti le souffle des alizés dans les voiles de ma pirogue fendant le lagon, entre plages de sable ombragées de filaos et brisants coralliens. Mon terroir c’est la mer.

Échouage au nord du 58e parallèle

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Il faut croire aux naufrages heureux. Les marins, bien plus que les poissons, espèrent d’abord cette rencontre virile avec la mer.
Jean Désy, Uashtessiu/Lumière d’automne