La Traversée

Déambulation le long de la rivière Saint-Charles

Retour à la rivière Saint-Charles

À la mémoire d’un vieil érable

L’hiver déploie ses flocons de neige dans le ciel. Le froid mordant prend ses aises sur les méandres de la rivière Saint-Charles. Ses eaux subissent le règne implacable de la glace. Les oiseaux sont pour la plupart partis et ceux qui restent se taisent. Seuls quelques badauds-flâneurs frigorifiés, des joggeurs et des promeneurs de chiens troublent la quiétude de la rivière en dormance.

Dire la Saint-Charles

    (crédit photo (extrait): Pascal Naud)
En empruntant à Georges Perec une technique littéraire qui consiste à capter un moment du passé collectif en complétant un paragraphe commençant par les mots "Je me souviens...", les participants et les participantes d'Alphabeille, un groupe d'alphabétisation populaire, ont recueilli les souvenirs de leurs concitoyens à l'occasion du 75e anniversaire de la Ville de Vanier*.
En voici quatre (4) extraits, suivis de deux (2) paragraphes de mon cru.

deux photographies














La 1ère photographie a été prise au tout début de l'excursion (lecture du texte de Cartier sur l'emplacement de la Grande Hermine, symbolisée par les tiges qui rappellent la coque du bateau); la seconde, après la maison O'Neil (centre d'interprétation de la rivière).

texte de Jacques Cartier

« Et pareillement ledit capitaine fit apprêter nos barques, pour passer outre et aller en amont dudit fleuve avec la marée, pour chercher havre et lieu de sûreté pour mettre les navires. Et remontâmes ce fleuve environ dix lieues, côtoyant ladite île, et au bout de celle-ci, trouvâmes une fourche d'eaux, fort belle et plaisante, auquel lieu il y a une petite rivière, et un havre de barre, sur lequel à marée haute il y a de deux à trois brasses, et trouvâmes que c'était un lieu propice pour mettre nosdits navires en sûreté. Nous nommâmes ledit lieu Sainte-Croix parce que ledit jour y arrivâmes. Auprès de ce lieu, il y a un peuple dont est seigneur ledit Donnacona, et là est sa demeurance, qui se nomme Stadaconé, qui est aussi bonne terre qu'il soit possible de voir, et bien fructifiante, pleine de beaucoup de beaux arbres, de la nature et sorte de France, comme chênes, ormes, frênes, noyers, pruniers, ifs, cèdres, vignes, aubépines, qui portent fruit aussi gros que prunes de Damas, et autres arbres, sous lesquels croît d'aussi bon chanvre que celui de France, lequel vient sans semence ni labour.

déambuler le long de la Saint-Charles






































Les trois premières photos (respectivement Nicolas Lanouette, Christian Paré et le groupe de marcheurs) sont de Jean Désy.
Les suivantes sont de Jean Morisset.