La Traversée

Espaces géographiques - montagne

Les Montérégiennes

David J.  1999.  Les Montérégiennes. Quatre-Temps. La Revue des Amis du Jardin botanique de Montréal. 23(3):4-43.

Carnet de navigation no 11: Carnet des quatre saisons. Mont Saint-Hilaire, avril 2011 à février 2012.

«Topographie des sentiers», Suzanne Joos, 2012.
©Suzanne Joos, «Topographie des sentiers», 2012.

Extrait / proposition

La Traversée a proposé à ses membres un atelier nomade engageant à fréquenter un même lieu de nature lors de quatre saisons consécutives. Le lieu choisi était le Centre de la Nature du mont Saint-Hilaire.

Lecture de repérage

En escalade, le repérage consiste à planifier en montagne la course que le guide effectuera dans les jours qui suivent avec ses clients.
 
Le 6 mars 2012, j'ai secondé Charles Laliberté, excellent guide et ami de toujours, lors d'une journée de repérage à Smuggler's Notch (Stowe, Vermont), là où nous avions expérimenté notre première Expé du grimpeur avec Bertrand Gervais, Bertrand Côté, Jean Désy, Michelle Allen, Anne-Katryn Richter et moi-même les 11, 12 et 13 février 2005. Charles nous avait rejoints pour grimper. Les trois derniers récits de Second de cordée en témoignent.  lire la suite »

Nouveaux quartiers : au fil du relief (1)

Du Plateau Mont-Royal, je suis passée depuis décembre à quelque chose, disons, de plus vertical. Car c’est au fil de randonnées à ski que mes retrouvailles avec la Suisse se tissent et prennent corps. Ce faisant, le regard se voit obligé de reconsidérer la notion d’espace et de mesurer la complexité d’un territoire lorsqu’il s’agit de l’appréhender en 3D : massifs, cimes, cols, selon la perspective, ce qu’on prenait pour un simple triangle peut très bien présenter des courbes insoupçonnées et une bosse, receler de fières arêtes. Du relief à en perdre le Nord, mais qui étanche durablement la soif. Ainsi, je mords à même le paysage et réapprivoise l’altitude de ces « nouveaux quartiers ». En voici une première bouchée…

* * *

C’est un matin de givre, un de ces matins secs et très bleus où la montagne vous picote au bout des doigts. Un mot me vient pour parler de cette course : équilibre. L’équilibre des éléments, celui de pas qui ont trouvé leur rythme collectif. Monter à la Douve depuis le village de Gérignoz (dans le canton de Vaud), c'est 1000 mètres d’élévation de l’ombre au soleil, entre rondeurs et saillies. Il y a d’abord une marche en forêt le long de la Gérine qui s’écoule sous la glace; puis on entre dans la réserve de la Pierreuse, avec ses vallonnements et ses prairies blanches, mais aussi ses élévations, sa rocaille, ses pics. Quelque chose entre l’étable et les nids d’aigle... À gauche s’élève le massif de la Gummfluh. Le sait-on? Gumm veut dire « la vallée » et Fluh, « le pic ». Tout semble dit. Tout est là, dans cet équilibre des forces en présence.

L’avancée se poursuit. À mes pieds, il y a l’ombre. En haut, le soleil sur le Rocher du Midi. Mon bâton effleure une neige très fine, de celles qui ne reçoivent jamais les assauts du soleil et dans laquelle on peut lire que la descente sera un cadeau. Peu avant midi, nous nous arrêtons sur une petite bute baignée de lumière pour un premier pique-nique. Prendre des forces avant cela – la main en visière, je suis du regard une trace en zigzag, celle qui mène à la Douve. « Tu vois le soleil sur le col? », me montre la guide. « Eh bien, c’est exactement là qu’on va ». Cette ascension me rend silencieuse. Il y a quelque chose d’icarien à vouloir rejoindre l’astre. De conversion en conversion nos dix silhouettes concentrées se suivent, j’aimerais être un aigle. Ligne vibrante d’hommes, progressant muets sur la pente.

Puis vient un passage plus raide, celui pour lequel nous avions prévu d’éventuels piolets : une trentaine de marches creusées dans la neige. Le corps tout contre la paroi je monte une à une chaque marche, skis en mains. Puis vient le moment où le dos peut se redresser tout à fait. Alors, comme on déplierait une immense carte en relief, un panorama sauvage se déploie devant nos faces incrédules et rougeaudes. La notion de « quartiers » (même au pluriel) vole en éclats.
Un peu plus haut en bordure de falaise, il y a ces quelques roches saillantes que gifle un soleil franc. On s’y installe, les sacs à portée de main. Et là, hirsutes, un collier de montagnes noué autour du cou, on se met à mordre tantôt dans le soleil, tantôt dans une tranche de pain. Pas très loin comme pour veiller sur le groupe, se tient un arole solitaire sur son perchoir de roche.

Course au Plan de la Douve avec le Club Alpin, samedi 14 janvier 2012

Atelier nomade des quatre saisons - automne

Date: 
Samedi, 5 Novembre, 2011


Ce qui reste

 
Évoquer l’automne québécois nous conduit fatalement à exprimer l’opulence chromatique des feuillus à l’approche de l’hiver. Au comble de la métamorphose, nous avons – comme nous avons toujours eu – la rengaine des couleurs vives aux lèvres. Nous n’emprunterons pas ce passage obligé, ce sentier battu bordé de lumières chaudes. Nous irons à la rencontre de l’automne sans sa qualité d’événement, sans ses atours spectaculaires. Nous avons décidé de vous convier à une journée qui se joue du cliché automnal en vous proposant de marcher le mont Saint-Hilaire afin de porter une attention particulière au dépouillement – au dépouillé – du paysage.
 
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