La Traversée

Au retour du flâneur - Trottoirs

crédit photo: Benoit Bordeleau


Le reel du trottoir barré

Photo: Julien Bourbeau
Photo: Julien Bourbeau
Photo: Julien Bourbeau
Photo: Julien Bourbeau
Photo: Julien Bourbeau
Photo: Julien Bourbeau

Le défilé du trottoir barré.  Dédale les avait peut-être prévus dans son labyrinthe... Voici des trottoirs cul-de-sac... Reculez! Changez de côté!  Le Minotaure vous attend !  Un reel ?!... pourquoi pas!  La traversée de la rue, ce changement de côté «vous vous êtes trompés !»  nous oblige à respecter cette cadence, danse... ce reel du trottoir barré!

Petit à petit

Silhouette 1
Silhouette 2
CP Rail
En-dessous de la voie ferrée
Trottoir barré
Ceux qui travaillent
Orange de garage
Publi-sacs
Brouillard et vidanges
Lancer du journal roulé
Tim Hortons et réparations
Lentement

Il suffit parfois d’une journée de brouillard pour se remettre à écrire. Mon arpentage des trottoirs des dernières semaines n’avait pas la même qualité que lors de mes passages sous les couleurs automnales. Ce matin, le chant des cornes de brumes provenant du port donne un drôle d’air à Homa la prétentieuse et ramène un peu d’Hochelaga, un peu d’intimité dans ce quartier un peu trop nu depuis des jours.  lire la suite »

Descendre la côte jusqu'à nous

Rue Sherbrooke
Rue Sherbrooke
Rue Ontario
Rue Ontario
Rue Parthenais
Rue Notre-Dame

Il est minuit un soir mouillé d’après la pluie, je reviens d’un souper en voiture et j’ai l’envie des trottoirs. Appareil en main, tuque et hoodie, je m’élance comme une ombre parmi les ombres et clique souvent. Le trottoir défile, me guide, m’empêche de faire faux pas sans que j’aie à y porter attention. C'est la brume dans les arbres, le halo des lumières qui me tiennent toute alerte. Mon appareil indique déjà qu’il manque de batterie, mais la nuit est trop belle pour faire marche arrière et j’ai le pressentiment que le low battery me suffira jusque-là.  lire la suite »

Urbi et orbi

Après la pluie.

Journée d’emplettes sous la pluie. Janie et moi attendons le feu vert au coin des rues Ontario et Joliette, devant le Salon Orly. Les trottoirs sont à peu près déserts : une mère couvre tant bien que mal son bambin de la pluie avec un bout de journal, deux kids à vélo sautent des trottoirs à la rue pour savoir lequel fera la plus grosse éclaboussure. Il ne faut pas oublier la silhouette de Cerbère, le trio de teckels, qui se profile devant la Brasserie des Patriotes. Derrière nous, une voix se met à pleuvoir et à dégouliner sur les toiles de nos parapluies :  lire la suite »

Monsieur B.

Monsieur B., je le connais depuis que Janie et moi nous sommes installés dans le quartier. Blanc de la barbe et gris du cheveux, il traîne sur les trottoirs de la rue Ontario son dispositif d’amuseur public : sur le squelette d’un panier d’épicerie, cet éternel hippie a installé un système de son agrémenté de deux ou trois enceintes acoustiques supplémentaires, une batterie électronique (qu’il n’utilise jamais) et son djembé. Si on le retrouve souvent à la place Valois où il discute avec ce qui semble être sa fille et son petit-fils, c’est sur le trottoir du Metro d’en face que ses talents d’acteurs se dessinent.  lire la suite »

Le trottoir comme marge

PERDU / LOST
Ti-Brin
Lapin bélier anglais, 3 ans, 10 lbs

Comme Julien l’a proposé dans une note précédente, les trottoirs sont le prolongement des rues, ces pages arrachées et dispersées d’un livre de verre, d’asphalte, agrémenté d’un peu de verdure, de quelques grains de sable et beaucoup de poussière. Je reprendrais son affirmation en proposant l’image du trottoir comme une marge dans laquelle on y laisse des notes de toutes sortes. Certaines d’entre elles, qu’on retrouve agrafées ou collées sur les arbres (incluant leurs cousins les poteaux de Bell) et les réverbères, m’amusent depuis quelques mois déjà. À tous les mois, de nouvelles apparaissent alors que d’autres sont arrachées par le mauvais temps.  lire la suite »

Le nom de la rue couvre l'anonymat du trottoir

La rue a un nom (St-Denis, Berri, St-Laurent, etc.), le trottoir n'en a pas.

Dans le langage familier, nous marchons dans la rue (même si en réalité nous sommes sur la banquette qui la borde), nous nous donnons rendez-vous sur St-Denis au coin d’Ontario, même si en réalité c’est sur le trottoir adjacent que nous attendons et il nous arrive d’être sur la rue, alors que c’est encore sur le trottoir que nous sommes.

Outre quelques usagers téméraires, personne n’applique ces paroles à la lettre. Le trottoir va de soi. Nul besoin de le nommer. Que se passe-t-il si je décide de donner rendez-vous à quelqu’un sur le trottoir bordant le boulevard Rosemont ou la rue Notre-Dame ?  lire la suite »

Les journées Monopoly

Ça commence avec de simples bacs verts alignés le long du trottoir : ceux qui débordent, pêle-mêle, en laissant une partie de leur butin s’envoler et ceux qui sont bien rangés, bien classés, bien rares. Rien de passionnant là-dedans. Que des bacs qu’il ne faut surtout pas oublier de sortir le matin, alors qu’on est déjà en retard ou encore endormi. Aussitôt déposé, aussitôt oublié. Je parle du mien, parce que les coups d’œil discrets dans ceux des voisins ne se font pas prier. Tiens, encore un qui n’a pas pu résister à une télévision encore plus grosse au plasma machin truc. Eux, ils ont fêté fort. À côté, le bac est presque vide : des «méchants» pollueurs qui balancent tout ou presque aux poubelles.  lire la suite »

Soirée de mascarades

Soirée de mascarades où les trottoirs regorgent de vampires, morts-vivants, squelettes, sorcières; soirée où les trottoirs carnavalesques sont l’hôte de caravanes d’enfants costumés cherchant le sucre de maison en maison. Imagerie d’horreur.

Le même soir, le carnage continue… sur le trottoir de la rue Gauchetière, aussi appelé avenue des Canadiens-de-Montréal, vers 22h00, des milliers de partisans de hockey, déguisés, se ruent à l’extérieur du Centre-Bell. Des chants victorieux à l’unisson, des insultes viscérales lancées à l’équipe ennemie («Leafs suck!»).  lire la suite »

Chorégraphie de marcheurs

À l’intérieur du bus de 18h30, je regarde le trottoir défiler. J’en suis hypnotisé. On dirait qu’une bobine imaginaire déroule une longue pellicule 35 mm de ciment, projetant ici et là un figurant, un passant. Un film sans acteur de premier plan. Un cinéma pluvieux, couvert de feuilles multicolores. Un cinéma sans montage. Alors que le mot fin semble apparaître, un peu avant le générique, je perçois un défilé de passants marchant au pas s’engouffrer dans une bouche du métro.  lire la suite »