La Traversée

Au retour du flâneur - Trottoirs

crédit photo: Benoit Bordeleau


Un trottoir à la fois - II

Trottoir au loin
Trottoir plus bas
Trottoir au plus bas

faire un pas devant l'autre

comme une pénurie de ciel

 

parce qu'il n'y a pas

assez de silence

pour meubler mon territoire

 

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le trottoir me prend d'emblée

et sur son chemin

ta tempe m'attend

Une image accrochée (350 g de farine, [...])

Une recette de gâteau, sur un petit papier blanc. 350 g de farine, un peu de levure...  lire la suite »

B'ham sous les bombes

(Janie et moi revenions du Lala, ce bistro mythique du bled qui peut se vanter d’avoir un Spiderman au plafond, un E.T. aux lèvres rouges et des mamelons saillants, et un Orgasme sur sa carte des cafés. Cette année, j’ai compris que mon village, fendu en son cœur par la Lièvre, était peut-être plus patchwork que je ne le pensais. Milaine est montée de Trois-Rivières. Arnaud (qui se traînait piteusement sur les trottoirs gelés et mal entretenus avec ses béquilles) est arrivé de Sherbrooke. Janie et moi de Montréal. Fauve descendue de Mayo est fidèle à ses habitudes – elle est partie de chez elle à l’heure où nous avions convenu de nous rencontrer pour une bouffe-mise-à-jour-de-nos-vies-d’étudiants-et-de-travailleurs.  lire la suite »

Trottoirs blancs

Comme la neige a neigé ! Réapparition de mon voisin Raymond avec sa pelle.  C’est que sa souffleuse ne fonctionne plus. Il s’arrête de temps à autre pour reprendre son souffle. Je l’accompagne et nous nous relayons pendant près d’une heure.  Je laisse passer cet homme qui transporte, sur ses épaules, un Golden Retriever ! Quel spectacle! Le chien ne pouvait-il donc plus marcher dans la neige épaisse?  lire la suite »

Cities

Le Corbusier écrivait, dans son Urbanisme, que l’homme qui a un but marche droit. Celui qui n’en a pas, vraisemblablement, s’approche de la démarche sinueuse de l’âne, zigzaguant au gré de ses humeurs – image qui peut être froissante pour le flâneur coincé dans le quadrillage des trottoirs. Il faudrait revoir l’affirmation et l’adapter comme suit: Le flâneur peut marcher droit (ou ne pas marcher du tout), mais ne peut rester flâneur qu’à condition que son esprit, trouvant plaisir dans la distraction, conserve la démarche de l’âne; peut-être est-ce de cette manière que Jean-Noël Blanc conçoit le flâneur lorsqu’il le qualifie d’idiot enchanté, que sais-je…  lire la suite »

Blanc de trottoir

Plus que quelques jours avant la date limite pour soumettre un texte de flânerie sur les trottoirs, mais, pas de bol, aujourd’hui il neige, et les trottoirs ont disparu. Que faire? Quand on ne peut ni les décrire de visu, ni les photographier, ni même y marcher en observant les passants ou le mobilier urbain, que nous reste-t-il? Des blancs de trottoirs, tout simplement, des absences, des lacunes, la certitude qu’il manque quelque chose de familier, que l’on a cru jusqu’à présent indispensable. Pourtant, il faut bien s’y faire, à ce blanc de trottoir, car ici, en banlieue, la chenillette ne passe pas souvent. Les jours de tempête, le piéton doit s’armer de courage pour partager la rue avec les voitures et les chasse-neige.  lire la suite »

Un trottoir à la fois - I

mes pieds se placent comme des mires à l'étranger

un pas devant l'autre comme du béton armé

trois vies il m'aurait fallu pour fouler tous ces trottoirs qui se dressent

d'autres horizons à parcourir

Les continents imaginaires sur lesquels nous dérivons

Trottoirs

Les continents imaginaires sur lesquels nous dérivons

« Où vont-ils ? Qui sont-ils ?

Comme ils sont loin du sol !

Regardez-les passer eux ce sont les sauvages

Ils sont où leur désir le veut par dessus monts

Et bois et mers et vent et loin des esclavages

L’air qu’ils boivent ferait éclater vos poumons »

                    - Jean Richepin chanté par Georges Brassens  lire la suite »

Une balade formelle

Un des souvenirs qu'il me reste de mes errances au Cap, en Afrique du Sud, se rapporte aux trottoirs, des trottoirs vides de marcheurs et remplis de dormeurs, de longues personnes étendues sur le dos, les jambes en Z, les yeux clos dans le pli du bras, et moi qui les enjambe en direction du centre-ville. Interdit de dormir dans les parcs.  lire la suite »