La Traversée

Au retour du flâneur - Quartier

Ce Retour du flâneur consacré au « Quartier » a lieu du 1er novembre 2011 au 29 février 2012 et a été animé par Philippe Archambault. Depuis le 1er octobre 2014, cet espace accueille aussi, temporairement, les notes de terrain issues de l'Atelier géopoétique Hochelaga imaginaire organisé par Benoit Bordeleau et Bertrand Gervais.
crédit photo: Kevin Cordeau



voiturette funambulesque

Hochelaga

Vêtements qui sèchent sur le bord des fenêtres. Comme à Lisbonne.

Elle l'haït, qu'elle dit à son conjoint.  «Elle se prend pour un roi ou une reine, tout cela parce qu'elle est handicapée!»

Elle pousserait bien le fauteuil roulant sur ce fil imaginaire qui pend entre deux tours.

Sa colère se disperse dans le fado de la rue.

Sentier Jardin des Oiseaux: vue frontalière sur Hochelaga

Hochelaga
Hochelaga
Hochelaga

Dimanche 28 septembre. En route pour la déambulation du grand V hochelagan, le grondement des locomotives capte mon attention et me pousse à passer sous le viaduc de Rouen. Empruntant le viaduc Ontario cette fois-ci, je découvre une brèche...

Ce petit sentier linéaire, aménagé le long du chemin de fer, qui nous invite à profiter gratuitement du sentier Jardins des Oiseaux (anciennement Novaya Aurelia).  Des oiseaux (oui! oui!), qui grafitent ici et là, qui survolent le vacarme, l'emprise ferroviaire ou frontalière sans jamais présenter de passeports pour entrer en Hochelaga!

En réponse à Hector: un escalier, une fenêtre et deux nus

En réponse à Hector: un escalier, une fenêtre et deux nus
En réponse à Hector: un escalier, une fenêtre et deux nus
En réponse à Hector: un escalier, une fenêtre et deux nus
En écho aux photos publiées par Hector, une réponse en oblique. La première a été prise près des Lofts Moreau, rue Ontario; la deuxième dans la ruelle Jeanne-d'Arc (nom d'usage, à l'est de l'avenue du même nom), au sud de la rue Ontario; la troisième probablement pas très loin de celle photographiée par Hector. Il faudra retrouver l'endroit précis.

Ce qui me fait penser: il vaudrait mieux prendre bonne note des lieux/objets que nous photographions. Sait-on où les différents projets nous mèneront...

"Êtes-vous sûr d'être ici?"... la suite

Audio: 

L’intro d’Alt-J qui part au bas des marches, métro Laurier. En haut, sortie de gauche, l’air du ciel vite, du vent à boire, 18 degrés dans le cou. Samedi nuit, mi-mai, le plateau grouille de tous les âges, même du mien.

Gilford en ligne droite (sauf le saut de quelques mètres qu’elle fait vers le sud lorsqu’elle rencontre Mentana), 17 minutes de marche absente permise par la régularité du chemin, l’habitude du parcours, les lumières immanquablement vertes sur mon passage.  lire la suite »

Un dimanche

Un dimanche
Un dimanche
Un dimanche
Un dimanche après-midi de la mi-janvier, par moins 15°C. Une marche en direction de l’ancien village du Sault-au-Récollet, dans un enchaînement de rues aux vieilles maisons de pierre et de parcs linéaires le long de la rivière des Prairies. Deux flâneries de deux heures dans un froid très vif, adoucies par une soupe à l’oignon au Bistro des Moulins.

Le Sault-au-Récollet a longtemps été un espace campagnard où les bien nantis du Golden Square Mile (le Mille carré doré), un quartier luxueux sur la pente sud du mont Royal, avaient leurs maisons de villégiature sur le boulevard Gouin, aux époques où celui-ci s’appelait Chemin de la Côte-du-Sault, ou Chemin du Bord-de-l’eau ou Chemin des Cageux. On verra des photos et aquarelles représentant quelques-unes de ces maisons à l’adresse: http://<http://www.memorablemontreal.com/accessibleQA/histoire.php?quartier=9>.

Devant l’église de la Visitation, la plus vieille église encore intacte de l'île de Montréal, entre le trottoir et le stationnement déneigé et lissé comme une patinoire, trois groupes de gamins nés avec le XXIe siècle jouent, en des camps séparés, l’un à descendre la butte sur les fesses, un autre à se construire une forteresse et le dernier à prendre et à défendre alternativement la montagne de neige. Joie, sens du travail et instinct belliqueux se côtoient sans se parler, sur fond de grandes épinettes de Norvège, de clochers coruscants et de ciel bleu. Rien d’anormal dans cette trilogie.

Outremont

Sous le plein soleil de juin, je me promène dans le quartier des Québécois parvenus de langue française, Outremont. Force m’est d’admettre qu’ici, il y une drôle d’ambiance. La forte impression que l’on s’assoit aux terrasses de la rue Bernard pour se faire voir ne me quitte pas pendant que je marche du côté sud de cette artère. Les assis discutent un peu entre eux, mais pas beaucoup et je les vois rarement échanger avec les autres groupes autour. À analyser plus avant.

1/4 (mile) – 1/3 (end)

Mes semelles – devenues grises calcaires – étaient gommées de cailloux salins municipaux. Elles se réchauffaient sous mes bottes grivoises posées sur l’unique calorifère du Arts Café. C’est ainsi que je trônais en toute assurance à la meilleure place. Mes lèvres brûlaient contre l’espresso fumant au rythme du lourd jazz ambiant tandis que deux juifs hassidiquement orthodoxes passaient derrière la buée de la fenêtre. Ils avaient emprunté, d’un pas de granit et cassant, L’Esplanade, forçant mes yeux à revenir sur Fairmount Ouest où un camion Weston m’étourdissait. Orné d’un sandwich en plastique sur un fond bleu poudre, son slogan « Bouger et bien manger » voulait me faire la morale : voilà deux bonnes heures que j’étais assis à boire du café. Mais bon, les paradoxes semblent s’entretenir en grande pompe ici ; je veux dire comment un terrain plat et uni, aménagé de façon à découvrir les environs (esplanade) peut-il être au même endroit qu’une bonne montagne/colline (Fairmount – traduction personnelle)?

Tout se tenait fièrement dans un tableau de clichés – objets, humains et autres – à tel point brossé qu’une lueur d’originalité semblait en émaner. Le blondinet à ma droite, aryen, et surtout anglo-de-bonne-famille, ne cesse de répondre : « That’s logic. » à tous ses semblables. C’est logique, oui, comme tout paradoxe. Et l’homme est un contraire qui se ressemble tandis que la femme est un ensemble qui se contrarie. Un couple est donc un contraire assemblé qui se contredit sur sa ressemblance. Jean-François, serveur et humoriste qui s’ignore, passe tout près. Je l’interpelle :

« Je pourrais avoir un scotch, si-ou-plaît ? dis-je en prenant bien soin d’étirer mes syllabes.
— Premièrement, il est trop tôt. Deuxièmement, on n’en a pas. Troisièmement, t’as même pas terminé ton café.
— C’est que le soleil se couche…
— Et la nuit est jeune.
— Mais froide.
— T’as juste à bouger, marcher!
— Peux pas, mes semelles se réchauffent.
— Une bière alors?
— Si tu m’obliges… »  lire la suite »

On attend que le temps passe

Chaque matin, je passe devant La Pataterie après avoir remonté la rue Bourbonnière. Chaque matin, c’est le même scénario ou presque qui se joue derrière une vitrine annonçant les hot-dogs steamés à 89 sous, les cinq trios, le cheeseburger double bacon… Des vieux, seuls, en tête à tête avec le Journal de Montréal ou La Presse – rarement autre chose – qui laissent refroidir leur café dans une tasse de styromousse. Malgré la chaleur qui règne à l’intérieur, ils gardent leur manteau, jamais bien épais, serti de mains grises et calleuses au bout de manches à rebords jaunis.

Une femme, du bout des doigts, retient son visage. Une circulaire sous les coudes. À ses pieds, un sac de toile rempli de canettes, de bouteilles et de sacs de plastiques. Le comptoir est à peine perceptible de l’extérieur. Une ombre appuyée sur la caisse, vers la gauche. À l’autre extrémité, une ombre en uniforme qui, sans doute, gratte une plaque de cuisson. Dans cette boîte de verre, d’huile et de brique, rue Ontario, on attend midi – on attend que le temps passe.  lire la suite »