La Traversée

Au retour du flâneur - Parcs et squares

crédit photo: Vincent Brault


Par la lorgnette, premiers essais

Par la lorgnette 1
Par la lorgnette 2
Par la lorgnette 3

«La mauvaise réputation»

Le flâneur de parcs qui va l’appareil photo à la main est suspecté de tous, «sauf des aveugles, bien entendu». Il n’est que le paysage pour ne pas craindre de se faire voler son âme. D’où qu’il faille parfois ruser. Ma non troppo!

bleu ciel, bleu marine et pantalons gris

Parc Préfontaine (Photo: Benoit Bordeleau)

Cours, Guillaume! Cours! Ces trois mots ont fondu à travers les mailles de la clôture en raclant un fond de gorge. Ledit Guillaume, la trentaine facile, n’avait rien d’un athlète : un corps qui ressemble à une boule de crème glacée, coulant un peu sous le soleil, montée sur deux pattes de cigogne. Il courait avec les coudes bien serrés contre le corps, les poings fermés bien dur. C’est à croire qu’il retenait son souffle en courant du marbre au premier but, comme pour se donner un air de légèreté. Il échouait, évidemment, mais il était beau à voir sous sa casquette de Pennzoil tachée de sueur.  lire la suite »

Le dimanche au parc Jarry

Ayant prêté ma caméra à un voyageur en partance pour Yellowknife, je me rends au parc Jarry comme tous les dimanches pour la game de baseball hebdomadaire. Je ne prendrai pas de photo, mais mes yeux sont tout de même grand ouverts. C’est du sérieux le parc Jarry le dimanche. Les équipes ont des noms farfelus, mais en gros, le marché Jean-Talon se divise en deux pour l’occasion : les pros Première Moisson d’un côté (et bien sûr, je vote pour mon équipe !) et les pros Saucissier Williams de l’autre.  lire la suite »

Le parc des Rêves

Parc des Rêves

Certains parcs rendent difficile, voire impossible le captage visuel avec un appareil photographique, à cause des gamins qui les fréquentent et de l’œil soupçonneux des mamans et des puéricultrices. Ainsi le parc des Rêve. Vous connaissez? (Ce parc des Rêves, au carrefour des rues Guizot et de Gaspé, longe une ruelle, que j’appelle ruelle de la locomotive, à cause d’une adresse inscrite sur un panneau en forme de locomotive; qui s’y engage pourrait bien voir mon ami B. G. en bedaine sur sa terrasse lisant une thèse ou écrivant un roman!)  lire la suite »

Parc Paul-Pratt

Parc Paul-Pratt. Vingt ans plus tôt, j’entrais dans ce parc comme on entre dans sa propre chambre ou sort dans sa propre cour. Aujourd’hui, j’éprouve une gêne d’y entrer, on dirait. Peut-être parce que le terrain de jeu est presque exclusivement fréquenté par des enfants, dont certains ne sont pas accompagnés de parents. Peut-être parce que l’adulte que je suis est soumis à un des parcs de son enfance, à des souvenirs. La gêne que l’on éprouve vis-à-vis d’une vieille connaissance qu’on rencontre après une absence de deux décennies.  lire la suite »

Jardin Crépuscule

Jardin Crépuscule

Dans un commentaire à la Note de terrain numéro 28, Xavier demandait si nous avions pris le temps de nous poser une minute sur le seul banc du Jardin Crépuscule et si nous avions remarqué la «médaille incrustée dans le bois sur laquelle on peut lire: Jardin du Crépuscule». Réponse: oui. Voici la photo de la dite «médaille», prise l'an dernier, je dois l'avouer. Mais je compte y retourner dans les prochains jours.

Accepter jusqu'à dépasser

Un parc en camaïeu, tout y étant dans des teintes de vert, les arbustes, les bancs, même les assis. Me voilà ramassé dans ma disponibilité, face à une gamine et sa grand-mère, sans doute, qui portent des nattes tressées à un foulard sur le dessus de la tête, et qui boivent à des thermos comme des nageuses synchronisées. Elles font ensemble des fronces et des grignes à chaque gorgée. Chaud, le thé! semble signifier la petite de son petit visage plissé. Et la grand-mère d’acquiescer d’un sourire enjôleur qui m’est directement adressé, comme si j’étais assis avec elles! Un peu derrière moi, une jeune femme dessine sur le motif. Depuis dix minutes, elle n’a pas tourné une seule fois les pages de sa tablette à dessins, trop occupée sans doute à fignoler son ouvrage.  lire la suite »

médéric.fm

Photo: Benoit Bordeleau
Photo: Benoit Bordeleau
Photo: Benoit Bordeleau

Médéric-Martin, ce matin-là, m’a faire tendre l’oreille. Il n’y avait pas grand-chose, sinon du silence et des grésillements dans ces écouteurs abandonnés. Par jeu, je me suis accroupi, puis assis sur une pierre, regardant le carré de sable occupé par des modules de jeu. Le sable était encore piqué ça et là par les semelles des gamins qui se prennent pour Usain Bolt quand leurs parents ne leur tordent pas l’oreille gauche. La pluie avait donné au sable des allures de cassonade.  lire la suite »

Le parc des pompiers, une parenthèse. Catégorie flore.

Photo: Benoit Bordeleau
Photo: Benoit Bordeleau
Photo: Benoit Bordeleau
Photo: Benoit Bordeleau
Photo: Benoit Bordeleau
Photo: Benoit Bordeleau
Photo: Benoit Bordeleau
Photo: Benoit Bordeleau
Photo: Benoit Bordeleau
Photo: Benoit Bordeleau
Photo: Benoit Bordeleau
Photo: Benoit Bordeleau

Ce parc, il ne parle pas beaucoup. C’est le genre de parc qui glisse sous vos fesses un banc trempé de rosé, vous laisse être là sans prendre de place. Le parc des pompiers, c’est un parc de solitaire qui, les dimanches après-midi, se permet d’inviter la famille dans une spirale de robes fleuries, d’accents espagnols et rieurs. Mais lui, il ne dit pas mot. Il écoute.  lire la suite »