La Traversée

Au retour du flâneur - Nuit

crédit photo: Chloë Rolland


Dits du somnambule - III

Variations nocturnes XIII. William Wilson.
Variations nocturnes XIV. Vénus.
Variations nocturnes XV. Symptômes.

Tu regardes l’Objet Roulant Non Immatriculé passer, un triporteur tout enguirlandé de lumière. Il te vient à l’idée qu’il est déjà prêt pour Noël, cet homme qui discute avec son ombre lorsqu’il se fait dévorer par les phares des voitures filantes. Tu te demandes si les ornithologues s’intéressent à ce genre d’oiseaux de nuit.

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Sur une galerie, pas si loin de la tienne, à 21h47 : « J’te donne dix piastres pour que tu fasses ma vaisselle! »

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Métaphysique sidérale (0 +∞)

Je crois que tout ce qu’il y a à savoir de la nuit, nous le savons d’instinct, que c’est là un savoir atavique, lié à la survie de l’espèce, et qu’à cet égard, la peur du noir, si viscérale chez l’enfant, est moins une phobie qu’une manifestation de cet héritage immémorial. Je vous mentirais si je vous disais n’avoir jamais eu peur du noir, et remarquez je dis « du » et non « dans le », parce qu’il y a quelque chose qui relève de l’être dans cette figuration du noir. J’ai grandi à la campagne, sur un grand domaine entouré de champs.  lire la suite »

Les jambes qui s’agitent dans l’ombre ou, plus prosaïquement, course dans la nuit

Les jambes qui s’agitent dans l’ombre ou, plus prosaïquement, course dans la nuit

Courant dans la nuit, les nerfs tendus comme des antennes devant la noirceur, je saute au-dessus des rails du chemin de fer et je me fraie un passage parmi les ombres pour me rendre à l’ancienne gare de triage d’Outremont. Les sens aux aguets, la respiration plus courte, j’avance en levant les jambes assez haut pour éviter de trébucher sur un quelconque obstacle. Mon imagination s’emballe au même rythme que ma course. La sueur glisse sur mon dos. Soudain, je tombe sur un éventreur de clôture. Celui-ci, surpris de mon arrivée inopinée part en courant sans demander son reste. C’est à peine si j’ai le temps de lui crier qu’il faisait du bon boulot… et merci ! J’aboutis sur l’avenue Durocher. Je dépasse une école juive, traverse la rue Beaubien et allonge le pas.  lire la suite »

Dits du somnambule - II

Variations nocturnes IV. Ceci n'est pas un ciel étoilé.
Variations nocturnes V. Constellation Pseudo.
Variations nocturnes VI. Sun drops in the night.
Variations nocturnes VII. Lever de lune.
Variations nocturnes VIII. Calme, bleu sur rouge.
Variations nocturnes IX. Feu follet.
Variations nocturnes X. Abat-jour, rue Adam.
Variations nocturnes XI. Deuxième abat-jour, rue Adam.
Variations nocturnes XII. Coop d'habitaton, rue Jeanne-d'Arc.

Tu as cru que la nuit allait te pousser vers l’extérieur, à la recherche de nouveaux éclats de lumière, de nouvelles étincelles à développer sobrement au cours d’une nuit en t’imaginant refaire le code de la ville. Mais, depuis une semaine déjà, tu occupes ton insomnie autrement, en remplaçant le rythme de la marche par ceux des berceuses, des cent pas endormis dans le couloir et de la chaise berçante. La nuit te pousse vers l’intérieur, celui qui ne cesse de tourner en rond dans ce qui te sert d’appendice cervicale, et aussi vers les intérieurs, ceux que tu épies, en voyeur assumé, des fenêtres de ton appartement.

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Foire de nuit

la Grand'-Roue
Artisans
une allée de forains
manège 1
manège 2
peluche
manège 3
roulette
resto Chez Guy - Viens-t'y gonfler!

D'abord une odeur de paille.  lire la suite »

La nuit, terre d'exil

Dans la nuit jusqu’au cou. Le corps nu bordé de silence. Braqué, tenu en joue par ma propre conscience. Sous ce clair de pensées, me rivant au sombre des choses, je me sais voué au sort des ombres, à cette présence contrainte, s’importunant elle-même, à cet étrange exil qu’est l’insomnie.  lire la suite »