La Traversée

Au retour du flâneur - Les Gares

crédit photo: André Carpentier


Massage express

Massage express
Massage express

Elles n’ont pas le luxe de l’Orient-Express, mais ces deux chaises situées à la Station centrale d’Ottawa en font rêver plusieurs. D’aussi loin que je me rappelle, je n’ai jamais vu ces chaises en action. Peut-être font elles un vacarme d’enfer, je n’en sais rien. Chose certaine, si ce n’est pas un voyageur-marcheur à canne ou une grand-mère à « paparmanes » qui y prend place, ce sont des enfants, deux ou trois, parfois jusqu’à cinq qui s’imaginent en train de voler sur un tapis digne d’Aladin ou roulant à fond la caisse dans une voiture volée. Je les aime bien ces chaises à massage timides, malgré qu’elles portent cadenas et revêtement de cuir. Elles siègent là, comme des îles jumelles, alors que le flot des gens les effleure, s’y accroche parfois, pour souffler ou rêver – encore, ces gens se sont faits rares lors de mes passages. À Montréal, mêmes chaises à peu de détails près, mais leurs rêveurs, eux, sont véritablement endormis.

Sous Vienne, le Kitsch peut apparaître

Sous Vienne, le Kitsch peut apparaître

Le touriste sait bien que, lorsqu'il se met à pleuvoir, autant se cacher à l'intérieur. Et quoi de mieux que les souterrains des gares de Vienne. Ici, à la station Oper, à une question simple (où puis-je aller me soulager un brin, et me laver les mains), j'ai découvert ceci: destinées on s'en doute aux touristes (et uniquement à eux, du moins je l'espère), ces toilettes-opéras. Un décor en carton, aux teintes rougeâtres du vieux velours. Une lumière tamisée. Une atmosphère (peut-être à cause de l'orage qui grondait dehors) étouffante. Et, surtout, de l'opéra, à plein volume, histoire de remplir encore davantage l'espace.  lire la suite »

Ce même romantisme touristique...

Ce même romantisme touristique...
Ce même romantisme touristique...

C'est, toujours, ce même romantisme qui m'a fait revenir sur cette ligne de tramway. Car il faut sentir le bois des sièges dans son dos, doux, réagissant au déplacement du train. Entendre les cloches signalant les départs, les arrivées. Les voix annonçant les stations. Et, surtout, le cahin-caha du vieux tramway sur les voies qui serpentent à travers la ville.

Pour me reposer, lorsque la journée avait été longue, lorsque mon appareil photographique me pesait trop, lorsque je me sentais submergée par tout ce que j'avais vu, je revenais sur la ligne 1. Sans destination précise. Car de toute façon, avec un train qui tourne en rond, on ne peut pas se perdre.

Peut-être n'est-ce pas tant, au fond, du romantisme. Peut-être est-ce une manière de se reposer, oui, mais comme on lorsqu'on comprend que les choses, finalement, prennent sens par elles-mêmes, par cette boucle qu'elles forment au bout du compte et qui les illumine lorsqu'on pense errer.

Chercher le ciel

Chercher le ciel

Tout autour de Vienne, l'empereur fit construire le Ring, artère devenue célèbre en grande partie grâce à l'architecte Otto Wagner. Lorsque, à la station Karlsplatz, au sommet des escaliers mobiles si modernes, on atteint enfin le monde extérieur, l'oeil ne sait trop comment concilier ce qu'il voit: à l'horizon, les bâtiments du Ring. D'autres, très contemporains. Et, finalement, ce panneau d'arrêt pour le tramway. Complètement anachronique, surtout lorsqu'arrive, sur cette ligne de tramway la plus ancienne (1, bien sûr), un tramway nouveau modèle, loin de l'image romantique que Vienne cherche pourtant à préserver, pour favoriser le tourisme. 

L'entrée

L'entrée

La flânerie en milieu urbain, du moins pour moi, finit toujours par prendre les couleurs des souterrains. Ici, à Vienne, les têtes tronquées et les lumières reflétées, presque floues, d'un escalier mobile. Je ne me souviens plus de ma destination, ce jour-là. Peut-être le Graben. Peut-être l'Opéra. Ou alors, peut-être, le retour sur mes pas, à la fin de la journée, pour retrouver le confort d'un lit et déposer mon appareil. Ce n'était pas que l'escalier ou la gare soient dotés d'une signification particulières. Ils n'étaient ni rare, ni hors du commun.  lire la suite »

La gare d'autocars de la capitale de la poésie

La gare d'autocars de la capitale de la poésie
La gare d'autocars de la capitale de la poésie
La gare d'autocars de la capitale de la poésie
La gare d'autocars de la capitale de la poésie
La gare d'autocars de la capitale de la poésie
La gare d'autocars de la capitale de la poésie
La gare d'autocars de la capitale de la poésie
La gare d'autocars de la capitale de la poésie

Trois-Rivières, la capitale de la poésie, comme vous pouvez le voir, c'est une affirmation plutôt difficile à observer à partir de la gare d'autocars. Heureusement, durant une bonne partie de l'été et de l'automne, quelques vendeurs de fruits et de légumes viennent y tenir un marché public pour égayer cette triste gare d'autocars doublée d'un non moins triste stationnement où la poésie s'écrase le nez sur les pare-brises des voitures.

Québec. Deux gares et quelques fonctionnaires

Québec. Deux gares et quelques fonctionnaires
Québec. Deux gares et quelques fonctionnaires
Québec. Deux gares et quelques fonctionnaires
Québec. Deux gares et quelques fonctionnaires
Québec. Deux gares et quelques fonctionnaires
Québec. Deux gares et quelques fonctionnaires
Québec. Deux gares et quelques fonctionnaires
Québec. Deux gares et quelques fonctionnaires
Québec. Deux gares et quelques fonctionnaires
Québec. Deux gares et quelques fonctionnaires
Québec. Deux gares et quelques fonctionnaires

Les contrastes architecturaux et esthétiques entre la Gare du Palais et la gare d’autocars à Québec n’ont jamais cessé de m’étonner. Ils sont d’autant plus saisissants que ces deux édifices sont reliés l’un à l’autre par le hall d’entrée de l’édifice de la SAAQ. La Gare du Palais (train) a été construite en 1915, dans le style «château», basé sur l’architecture des châteaux de la Loire. Tandis que la gare d’autocars est plus moderne, sa construction remontant au milieu des années 1990.  lire la suite »

C'est beau une gare

C'est beau une gare
C'est beau une gare

Pour faire suite à une citation de Zola soulevée par notre animateur... En effet, c'est beau une gare!  lire la suite »

Bille, billets

Le 6 décembre 2008. Station Centrale d’autobus de Montréal.

Journée tranquille à osciller paresseusement entre les librairies, les cafés et la Station, par un plaisir que je ne m’explique pas. Arrivé un peu sur le tard pour prendre mon bus, direction Ottawa, je profite d’une lente heure qui doucement amène ses petites vagues de voyageurs qui dérivent, droits comme des piquets, vers une porte ou une autre. Un couple de personnes âgées, devant moi, laisse ses bagages tout près de la porte 13, signalant ainsi leur priorité lors de l’embarquement. Ils me demandent de jeter un œil à leurs bagages pour une minute ou deux, le temps qu’ils aillent se chercher un café. Pas de problème. En peu de temps, ce sont cinq, sept, dix valises qui s’alignent, comme des petits wagons, en face de la porte.  lire la suite »