La Traversée

Au retour du flâneur - Dépanneurs

crédit photo: Chloë Rolland


Des pantoufles à vendre...

Si un jour, par excès de pantouflarderie, j’en viens à user la semelle de mes pantoufles, et ce, après les heures de fermeture des grands magasins de souliers et des cordonneries, croyez-moi, je serai sauvé. Je me précipiterai d’urgence à la librairie-tabagie Chez Astor pour acheter la seule et unique paire de pantoufles qui se trouve sur l’une de ses étagères.

Curieux, n’est-ce pas ? Qui parmi nous songerait à aller chez son Dépanneur de quartier pour acheter des pantoufles?

Mais à bien y penser, ce n’est pas si insensé.  lire la suite »

Jardins secrets de l'ordinaire - 5

Quand il m’aperçoit dans la porte, il me salue d’un hochement discret de la tête et poursuit son service des clients déjà au comptoir.  Puis c’est « Monsieur Lacroix ! » quand c’est mon tour, je dis « Monsieur Soo ! »  Je n’ai même pas cherché sur les tablettes la publication que je suis venu chercher.  Il pose sur le comptoir l’exemplaire qu’il m’a réservé, rappelle ce qu’il m’en coûte.   lire la suite »

Lire au dépanneur, deux

Lire au dépanneur, deux

(Des titres, des filles, des couleurs…)

Pas facile d’observer ceux qui lisent devant les présentoirs de magazines des dépanneurs de quartier. Ou bien il n’y a pas d’angle pour les observer de loin, ou bien on est trop près. Faut se rabattre sur la technique du regard en coin. C’est un art, le regard en coin, que je préfère appeler le regard à la dérobée. Je crois que regard en coin a des connotations négatives.  lire la suite »

Jardins secrets de l'ordinaire - 4

Photo: Yves Lacroix
Photo: Yves Lacroix

J’ai pensé à Patrick Soo quand il a été question des dépanneurs...  à qui je n’ai jamais acheté que des revues et des journaux, Le Devoir de fin de semaine, Le Monde diplomatique, pendant quelques mois Courrier International, depuis l’an dernier le bimensuel Moyen Orient.  Je le salue simplement :  « Monsieur Soo ! »  Il répond :  « Monsieur Lacroix ! »  Parfois :   « Vous n’êtes pas passé prendre votre journal samedi ! »  Il cueille sur une armoire derrière lui un exemplaire qu’il m’a réservé.  Il n’ouvre pas le dimanche, il a gardé cette indépendance, il a sauvé cette privauté.   lire la suite »

Jardins secrets de l'ordinaire - 3

Photo: Yves Lacroix

Au mitan de notre déambulation sur le boulevard de Maisonneuve le mois dernier, j’ai noté que -- contexte de l’écriture -- en croisant la rue Guy, nous quittions le Centre-Ville et ses tours plus ou moins réservées pour entrer dans le quartier moins ostentatoire de Ville-Marie.  Après une légère déviation vers le sud, la voie rétrécit.  Tout en restant commercial, l’habitat incite à ralentir.  Les immeubles y sont moins élevés, certains sont anciens.  On y trouve une buanderie, un Fernand-Coiffure, un Nettoyeur-de-Ville, une pâtisserie, des dépanneurs.  ( Voir les photos proposées par erreur la semaine dernière.  lire la suite »

Monsieur Ibrahim

Yves Lacroix a gentiment prêté à La Traversée le DVD Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran (adapté du roman Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran d'Eric Emmanuel Schmitt, par François Dupeyron). Ce prêt est valide jusqu'à la fin de la période de flânerie.

Ceux et celles désirant en faire l'écoute n'ont qu'à signaler leur intention ici!

 

Jardins secrets de l'ordinaire - 2

Photos: Yves Lacroix
Photos: Yves Lacroix

J’ai dit que je ne fréquentais pas de dépanneur.  Alors quelqu’un a dit :  « Bien sûr ! les bourgeois n’ont pas besoin de dépanneurs. »  J’ai voulu entendre là que, dans les couples comme le nôtre, les repas de la semaine sont prévus avant que l’épouse parte au marché le samedi matin.  Elle emplit le panier, elle remplit le réfrigérateur.  Nous avons le caprice et les moyens de cette assurance, Louise et moi.

A moins qu’il ait été dit que les bourgeois évitent la flânerie populaire inhérente aux commerces de dépannage.  La familiarité.  La complicité du quartier, celle spontanée du voisin qui vous prête une pelle.  Je vous raconte.   lire la suite »

Question d'habitudes

C’est bête. Parce que j’ai déménagé, mon dépanneur est disparu. Le fameux Dépanneur 24h Depanneur, coin Ontario et St-Germain, mon dépanneur, est disparu. Sammy, le caissier, y est toujours, la bâtisse aussi, mais ce que j’y avais d’habitude s’est volatilisé quand j’ai mis mon appartement en boîtes et que je me voyais déjà ailleurs, quinze minutes plus à l’Est, à pied(s). D’ailleurs, on croit que ce n’est pas loin, à quinze minutes d’un futur-ex-chez-soi…  lire la suite »

Jardins secrets de l'ordinaire

Moi qui voyage par désir de l’ailleurs,
je dis qu’ [ ... ] on divague par ses jardins secrets et dans son ordinaire.
André CARPENTIER, Extraits de café.

 

Ils ont suggéré une flânerie sur le thème des dépanneurs.

Les dépanneurs !  Je ne fréquente pas de dépanneurs !   lire la suite »

Mon quartier, mes fidélités

« Commence par le commencement, ainsi tu auras l’impression d’avancer » me conseilla mon oncle Édouard, un jour de grande indécision.

1. Mon quartier  lire la suite »