La Traversée

Au retour du flâneur - Dépanneurs

crédit photo: Chloë Rolland


Ma mémoire flanche

Dépanneur La Duchesse d'Aiguillon
Dépanneur La Duchesse d'Aiguillon
Dépanneur Duchesse d'Aiguillon
Dépanneur La Duchesse d'Aiguillon
Dépanneur La Duchesse d'Aiguillon

Vendredi 28 mai.

Je retourne chez-moi après une harassante journée de travail. Dans la rue Sainte-Marie, un changement subtil capte mon regard. Mon dépanneur a changé son enseigne.

Immédiatement, je cherche dans les profondeurs de ma mémoire, la petite case où j’ai pu enregistrer l’image de l’ancienne enseigne, encore présente ce matin-là. Rien. Je l’ai oubliée. Pourtant, voilà seize ans que je passe sur cette rue pratiquement à chaque jour et j’ai oublié ce détail.

Dans la soirée, je vais faire quelques achats au dépanneur.

- Salut, ça va bien ? T’as vu, on a changé notre enseigne ?

- Oui, j’ai vu ça. J’ai sûrement des problèmes de mémoire, car je ne me souviens déjà plus de l’ancienne. Comment était-elle ?  lire la suite »

Bleu Cool

Dépanneur Carl Éric
Dépanneur Carl Éric
Dépanneur Carl Éric
Dépanneur Carl Éric
Dépanneur Carl Éric

Samedi 23 mai.

Je fais une ballade dans le parc linéaire le long de la rivière Saint-Charles entre la rue du Pont et celle du Pont Scott (5 kilomètres à flâner nonchalamment dans cette partie de la ville qui m’est totalement inconnue).

Rendu au Pont Scott, j’en profite pour explorer la petite paroisse de Notre-Dame-de-la-Pitié dans le quartier Saint-Malo. Il fait chaud. J’ai soif.

Je trouve le dépanneur Carl Éric au coin de la rue Saint-Vallier et d’une rue qui se termine en cul-de-sac donnant sur une voie ferrée. J’entre dans ce dépanneur ne sachant trop quoi acheter.  lire la suite »

Le pick-up

Urgent !!!

17 mai 2010

Je fais la file à mon dépanneur pour payer mes achats, quelques bières. J’observe autour de moi les étalages. Mon regard s’arrête sur une feuille écrite à la main traînant sur le comptoir. Elle disait en gros ceci :

Urgent !!!

J’ai perdu mon oiseau. Aidez-moi à le retrouver.

Il se nomme Kiwi.

C’est un inséparable.

Je l’ai depuis dix ans, s’il ne retrouve pas bientôt sa compagne, il [ou elle] risque de se laisser mourir !

Mon tour arrive et je paie mes bières sans rechigner. Je sors du dépanneur et une question me vient à l’esprit : comment fait-on pour retrouver un oiseau perdu dans une ville ?  lire la suite »

Derrière le dépanneur

Photo:Julien Bourbeau
Photo:Julien Bourbeau
Photo:Julien Bourbeau

Parfois, mon quartier ressemble à un village au centre duquel se trouverait l’église Notre-Dame du Foyer; aux côtés de celle-ci gravitent l’école primaire, la pharmacie, le bureau de poste, la caisse Populaire et… le magasin général qu’il convient d’appeler librairie tabagie Chez Astor.

Les arbres verdoyants. Le calme plat de la rue Bellechasse. Les vendredis après-midi, dans mon village, les paroissiens se font discrets.

Qu’ai-je donc à chercher chez le dépanneur à cette heure du jour? Le dépanneur n’a rien d’une boutique de vêtements où l’on entre pour regarder la marchandise, comparer les prix et repartir. Au dépanneur, il y a cet impératif d’achat : on y achète un objet de consommation courante et on en ressort aussitôt.  lire la suite »

no name

La stash!

La Palette

Je suis entré dans le dépanneur pour payer les trente litres de pétrole que ma voiture venait d'avaler. J'étais affamé et j'ai pris une palette de chocolat que j'ai déposée sur le comptoir. La fille du dépanneur l'a regardée, m'a regardé, a regardé autour, puis m'a fait signe de partir avec la palette sans la payer.

Stations-services

Depuis que j'enseigne à Terrebonne, je fréquente un nouveau type de dépanneur: le dépanneur de stations-services; celui qui jouxte le cégep et celui au bout de rue de laquelle je n'ai jamais retenu le nom. J'y passe cinq jours par semaine, sur cette rue, et je n'ai même pas retenu son nom, ni celui de la fille qui y travaille, dans le dépanneur du bout, et qui me sourit en me rendant la monnaie. Bonne journée. Elle l'a pourtant épinglé à la poitrine, pas le sourire, mais le nom. Il y en a beaucoup trop, je n'ai jamais été bon pour les retenir, les noms de filles, les noms de rues, les noms de rues qui portent des noms de filles, les noms de filles qui portent des noms de rues. Marie-Anne, Rachel, Alexandra, Olympia, Victoria. Je m'éloigne.  lire la suite »

Jardins secrets de l'ordinaire - 7

Voilà autre chose !

J’ai mal à la gorge depuis trois jours, une telle douleur qu’elle rend difficile la déglutition, empêche de goûter les vins.  « C’est peut-être une amygdalite, dit Louise.  Il faudrait consulter. » 

Je téléphone au service « Info-Santé » du CLSC du Vieux-Longueuil.  « Gargarisez-vous avec de l’eau, me dit l’infirmière.  2,5 ml de sel dans 240 ml d’eau.  Gargarisez-vous aux heures.  Mangez de la glace et mâchez de la gomme. »  Elle finit par s’inquiéter :  « Depuis trois jours, dites-vous ?  Vous pourriez consulter un médecin. »  lire la suite »