La Traversée

Une visite impromptue

Une visite impromptue
Une visite impromptue
Une visite impromptue

23h. Le calme de la nuit règne dans ma rue. La plupart des gens s’apprêtent à dormir, si ce n’est déjà fait.

J’écoute un film.

23h10. Le bruit d’un camion peinant à tourner dans ma rue me dérange. Ce sont les pompiers, sirènes silencieuses. Trois camions se positionnent autour de mon édifice.

Le pompiers sont évidemment là pour faire leur travail. Ils enfilent prestement vestes, bonbonnes d’oxygène, masques et casques. Je vois l’un d’entre eux prendre la fameuse hache…

Je me campe en observateur à ma fenêtre, profitant de l’action pour observer le va-et-vient de la rue, subitement dérangée, dans la tranquillité de la nuit.

Mes voisins de l’édifice d’en face se campent eux-aussi dans leur fenêtre. Assez rapidement, la conjointe n’ayant pas assez d’action, sort en courant voir l’action de plus près.

Les badauds accourent de partout, le temps de le dire. Il y a quelques minutes la rue était d’un calme absolu et voilà quelle grouille de vie malgré qu’il soit 23h15. Je vois même deux jeunes garçons d’environ 8 ou 9 ans accourir avec leur ballon. Je suis perplexe, où pouvaient-ils bien jouer à cette heure tardive ?

23h20. Fausse alarme. Les pompiers reviennent à leur camion. Ils se déchargent de leurs pièces d’équipements aussi rapidement qu’ils les enfilèrent. Ils grimpent à bord des camions, éteignent les lumières et s’en retournent à la caserne, jouer aux cartes ou écouter la télé dans la nuit, en attendant le prochain appel d’urgence.

Ils laissent dans la rue une poignée de badauds amateurs de feux impromptus. Les voyeurs devront attendre un autre jour pour s’en mettre plein les yeux.

Chacun rentre chez soi.

Mes voisins retournent dans la profondeur de leur logement. Mon chat demeure à son poste de garde pour surveiller la rue. Tandis que moi, je me remets à l’écoute de mon film de Jean-Pierre Melville, L’armée des ombres…