La Traversée

Sur la slotche...

Dans ce superbe livre de François Hébert, intitulé, Montréal, un petit paragraphe est consacré à la slotche que nous rencontrons en ville, sur les trottoirs...

«Pour ma part, je vois moins l'hiver montréalais que je ne l'entends. C'est le pas qui crisse dans la neige très froide, qui pile du verre. Ou bien c'est le bruit de succion des caoutchoucs, des claques dans la sloche, ce mélange de neige et de calcium et de saletés que les Montréalais appellent aussi slotche, avec un t, cette variante s'éloignant davantage de l'original anglais slush et, par mimétisme onomatopéique, du moins j'aime à le croire, se rapprochant du bruit même que fait le pas dans la substance en question: d'abord slo, l'enlisement dans la glu, ensuite t, ça claque, c'est l'arrachement sec, enfin che, le dégagement, ça coule, ça dégoutte.»

Commentaires

La slush, la slawsh et la squique.

Merci pour la référence, Julien. J'irai y jeter un coup d'oeil!

J'avoue tout de même préférer le terme slush à slotche. D'aussi loin que je me rappelle, dans mon bled de la Vallée de la Lièvre, il a toujours été question de slush (proximité avec l'Ontario oblige). Il m'a toujours semblé que le premier terme était plus chantant, plus capable d'évoquer l'aspect de cette cassonade de rue humectée. Mais bon, c'est là un avis bien personnel.

On remarquera toutefois une certaine correspondance entre les deux termes, à savoir le lush et le lot, l'un évoquant la luxuriance et l'autre le gros lot (ou le prix de consolation)... Ça donne l'idée de s'installer sur les rives, nos chers trottoirs, avec un tamis... question d'y trouver quelques pépites.

On notera aussi la différence la slush et la slawsh. Si le premier provient du bruit résultant du contact entre la botte et ladite slush, la slawsh réfère à la slush qui éclabousse le piéton (merci aux autos) et qui reste collé sur le pantalon comme une slaw crémeuse. Ça ne s'en va jamais au complet...

Et faut il mentionner la squique qui, par des journées de -20°C, donne l'impression au flâneur de marcher dans du fromage en crotte...