La Traversée

À l'ombre des plaques oubliées

Une architecture particulière anime les nuits colorées par l’alcool et trace une cathédrale éphémère des plaisirs sensoriels. Le verbe « être » vogue à la dérive dans la bouche des « illuminés » sans rame qui s’étendent le long des côtes plastifiées de cette vaste Amérique.

Nous, nous buvons sans penser, sans mot dire, ni même réfléchir. Nous, nous marchons en évitant tout contact et tout contexte. Nous, nous crions du regard les solutions préconçues. L’analyse est fiction tant que la liberté est jouissance. Quelques fables se jettent en travers de nos jambes poétiquement membrues. Les chats nous sourissent, notre indifférence familière leur répond.

J’ignore ce que tu sais, mais tu n’ignores point ce que je ne sais pas, me dit mon pays. Que diable! Quelle perverse volonté anime cette décadente architecture ? Déjà le vieillard fuit devant, tel une mouche à feu égratignant le ciel, cette longue pente douce. Et la nuit se referme sur nous, sans conclusion, bouclée par l’aveuglant soleil politique.