La Traversée

Trottoirs

Ces trottoirs qui serpentent.

Photo: Julien Bourbeau
Photo: Julien Bourbeau
Photo: Julien Bourbeau
Photo: Julien Bourbeau
Photo: Julien Bourbeau
Photo: Julien Bourbeau

Dans une note de terrain, j’ai parlé de cette chorégraphie de marcheur et de la marche rectiligne. Dans le Vieux Québec, entre la haute et la basse ville, cette marche rectiligne tombe à plat. Les trottoirs semblent serpenter. Dans le faubourg Saint-Jean, les trottoirs sont tellement étroits qu’il est préférable de marcher au beau milieu de la rue.  lire la suite »

Sur l’absence de trottoir en milieu urbain

Photo: Julien Bourbeau
Photo: Julien Bourbeau

Vous est-il arrivé lors de vos flâneries de vous trouver sur une rue sans trottoirs?  Après avoir changé de direction à l’intersection d’une rue, vous vous êtes retrouvé, sans l’avoir commandé, au beau milieu de la chaussée; les trottoirs ayant disparu.

Pourquoi n’y a-t-il plus de trottoirs ?

Près du parc Maisonneuve, la coquette Cité Jardin est un exemple de cet aménagement urbain sans trottoir. L’objectif, à peine voilé, consiste à ne pas attirer en ces lieux résidentiels (et aisés) la présence indésirable de piétons du boulevard Rosemont. C’est donc dire que ce type de rues perd une partie de sa fonction d’accueil en décourageant la circulation.  lire la suite »

Attendre un autobus (sur le trottoir)

Les trottoirs sont faits pour circuler. Cette obligation de circuler peut compliquer parfois la flânerie : flâner en ligne droite, à travers une foule marchant, affairée, pour l’esprit flâneur qui aime à zigzaguer ici et là, d’un bord à l’autre, n’est pas des plus évident. Mais voilà que s’offre à moi cet arrêt de bus du boulevard Rosemont. Une flânerie immobile.

C’est un vendredi soir pluvieux, après l’heure de pointe. Le service de transport en commun commence à s’essouffler et à se désynchroniser. La clientèle commence à s’hétérogénéiser. J’attends l’autobus 197 en tenant fermement ce parapluie.  lire la suite »

Service du soir

St-Denis/Duluth

Attendre une heure, sinon plus, même sous la pluie.
Certains braves se présentent à l’entrée sans réservation.
Sur le trottoirs, devant le seuil et bien au-delà, les badauds s’entassent, attendent que leur nom soit pigé.
Les jointures blanchies à serrer leurs bouteilles de vin.

Les passants doivent contourner par la rue, malgré son tumulte, malgré le brusque mouvement des taxis.
D’autres se faufilent, avec adresse, et s’amusent un peu à la vue d’une telle foule.
Mais qu’est-ce qui peut bien attirer autant de gens à cet endroit?  lire la suite »

Trottoirs - esquisse #1

Aujourd’hui, 09-12-09, jour de tempête. Comme je me disais qu’il me fallait explorer les trottoirs de la ville, il neige. 25 centimètres de neige! Sont où mes trottoirs?

De chez-moi à l’école de mes enfants, il y a une marche d’environ 5 à 10 minutes. Les trottoirs que j’arpente pour m’y rendre et en revenir sont ceux que j’utilise le plus souvent par jour, par semaine, par mois, par année…  lire la suite »

Seuils

Avenue Lartigue
Avenue Lartigue
Avenue Lartigue, P.A.Q. #26
Avenue Lartigue
Jimmy
Avenue Lartigue

Il y a un certain plaisir à emprunter l’avenue Lartigue. C’est un des rares endroits où il fait bon marcher en pleine rue, sans être importuné par le sifflement des voitures. Ici, on marche en pleine rue car les trottoirs ne sont rien d’autre que des seuils. On y met le pied seulement si l’on sort de chez soi, le temps de verrouiller la porte de la maison, pour ensuite faire un bond, atterrir doucement sur la pointe du pied dans la rue, et aller vers le nord ou le sud. C’est selon. Marcher sur les trottoirs de l’avenue Lartigue en se revendiquant de la flânerie, ce serait aller trop avant dans l’intimité des riverains; il y a une obligation de frapper aux portes lorsqu’on les frôle… Ici, pour flâner, laisser son regard courir librement, il faut choisir la rue.  lire la suite »

Lucky Luke

Lucky Luke, on l'entend avant de le voir. Ses bottes de cowboy, noires, claquent sur le béton du trottoir, ponctuent la rue Ste-Catherine. Il habite plus bas, sur la rue Bennett, encore plus proche de la rue Notre-Dame que moi. Mais je ne sais pas où. Parce que Lucky Luke, ce n'est pas qu'il est plus vite que son ombre, c'est plutôt qu'il apparaît on dirait de nulle part, avec son uniforme de jeans noires, manteau noir, bottes noires. Ses cheveux aussi sont noirs, un noir uniforme, teint. Je ne l'ai jamais vu habillé autrement, même quand l'asphalte a l'air de vouloir fondre sous le soleil et l'humidité de la canicule, même quand il fait froid et que l'autobus 34 prend une heure à faire les 20 minutes de son trajet habituel.  lire la suite »

Disons Gilles

Je ne sais pas comment il s'appelle. Depuis trois ans, je le vois presque tous les jours. Dès que la neige commence à fondre, Gilles, disons que c'est son nom, Gilles se poste sur le trottoir de la rue Bennett, à côté de la maison de chambre qu'il habite. Alors matin et soir, je le croise, lui fais un signe de la tête, lui dis un petit bonjour timide. Au début, j'étais un peu intimidée par ces hommes — Gilles est rarement seul sur son bout de trottoir — qui attendent que le temps passe, qui discutent au soleil, les deux mains dans les poches. Ils ne s'assoient que rarement, ils parlent entre eux, ils fument. L'été ils boivent un peu trop, et à la fin de la journée, avec le soleil qui les a chauffés assidûment, Gilles et ses copains sont parfois un peu saoûls. Pâteux.   lire la suite »

Quelques citations

Photo: Benoit Bordeleau.
Photo: Benoit Bordeleau.
Photo: Benoit Bordeleau.

Quelques citations tirées au hasard de mes lectures.

«Le trottoir est une auberge espagnole qui accueille tous les rythmes de déambulation, le pas lent de la personne âgée ou la course éperdue des gamins, la marche de ceux qui s'empressent à leur travail, la nonchalance du touriste sans cesse arrêté en chemin par une curiosité, celui du flâneur qui fait sa provision quotidienne d'impressions.» (David Le Breton (2000) Éloge de la marche, coll. «Essais». Paris: Métailié, p. 132-133).

«"Le trottoir, écrit Jean Cayrol, n'est plus cette berge que suivait la chaussée." (Cayrol, 1968, p. 102). On appelle encore les habitants des bords de rue des riverains, mais par un anachronisme douloureux.» (Ibid., p. 135).  lire la suite »

Les ai entendues sur le trottoir

Les ai entendues sur le trottoir…

—Monsieur, monsieur !

—Oui, quoi donc ?!

—Vous avez laissé tomber quelque chose… là… par terre !

L’homme, sérieux, se tourne pour voir ce qu’il aurait bien pu échapper sur le trottoir.

—Juste là !... Vous avez laissé tomber votre sourire ! fait-il en tendant la main, quémandant quelques pièces.

*

Un père et son fils.

—Papa ! Papa !?

—Oui, mon garçon !

—Qui a inventé l’électricité ?

Je ralentis le pas car je veux entendre la réponse qui se fait tarder. Est-ce Edison, Watt, Volta, du Fay, Coulomb, ou autre ?... Je l’ignore et je ne saurais quoi répondre sur-le-champ à ce petit… Et le père, lui ?

—Je crois bien que ça doit être la foudre! répond-t-il.  lire la suite »

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