La Traversée

Nicolas Bouvier: passant et passeur. Considérations géopoétiques à l'usage de l'arpenteur

Type de publication:

Chapitre de livre

Source:

La carte. Point de vue sur le monde, Mémoire d'encrier, Montréal, p.47-65 (2008)

Résumé:

En désignant du terme de «passeur» le tas de pierres jonchant le sommet du col, Nicolas Bouvier fait plus que de prêter un caractère et des qualités intrinsèques au cairn. Il s'engage, à la façon du poète, sur «le chemin vers les choses». Pour le passant comme pour l'arpenteur, suivre un tel chemin c'est venir converser avec la chose elle-même. C'est aussi devenir à son tour un passeur, sachant que celui-ci fera passer la frontière (contrebandier alors) à toutes sortes de choses et de gens. La pierre déposée dans le cairn est, à cet égard, fondamentale. Avec elle, une nouvelle géographie concrète se fait jour. Une géographie où la partie est considérée conjointement au tout, à l'instar de la pierre et du cairn et, peut-être aussi, à l'instar de ce lieu et du monde. En compagnie de Nicolas Bouvier, comme en présence du cairn, le monde se tiendrait là, tout contre soi, dans l'usage qu'on en fait. Un monde englobant, où tant le passant que le passeur nous répètent qu'au-delà du point de vue il importe de s'y comprendre et de s'y reconnaître partie intégrante, nullement isolée. Une idée que partagerait Elisée Reclus, lui dont la passion pour les cartes rondes nous fait penser que le géographe ne devrait point séparer la question de la mesure du monde de celle de son usage.

Notes:

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