La Traversée

Sur les traces de terres fantômes. Atelier nomade du 4 au 7 septembre 2009.

Date: 
Vendredi, 4 Septembre, 2009 - Lundi, 7 Septembre, 2009
Saint-Octave-de-l'Avenir (au moment du défrichage)

Il était une fois quatre villages sur les contreforts des Chic-Chocs. Des villages, aujourd’hui disparus de la plupart des cartes, se retrouvant à la croisée de chemins qu’il faut cartographier à rebours.

Établis entre les deux guerres pour aider la population gaspésienne à sortir de la crise économique, ces villages, aux marges de l’oekoumène, devinrent des terres d’élection et de peuplement pour colons et pionniers en quête de rêves et d’espoirs. Ils ont été menés par le Clergé pour fonder une communauté et défricher des terres qui deviendraient leur propriété. Jugés non rentables et impropres à la modernité, ces villages furent rayés de la carte dans les années 70 par une nouvelle génération d’experts en rationalisation de l’espace.

Nous vous convions, au bout de routes qui ne mènent plus nulle part, sur un territoire où la nature reprend ses droits depuis 40 ans, à la rencontre de souvenirs en croix de chemins, de noms sur des tombes, de ruines de civilisation...

Durant cet atelier, nous n’irons pas chercher la nature en tournant le dos à l’humain ; nous nous concentrerons sur le rapport d’appartenance entre ces colons et les terres qu’ils ont domestiquées.

Des gens ont fondé ces villages, des gens en ont marqué les paysages et, en retour, ces paysages ont contribué à fonder leur identité.

Sur les traces… Traces qui révèlent l’espace et qui contiennent en elles-mêmes le passé et le présent, traces porteuses d’une inspiration et d’une géopoétique, parce que quelque chose persiste à habiter en ces lieux. Est-ce l’irradiation d’un territoire en friche qui conserve, ancré en ces racines sauvages, la résistance des ancêtres y ayant vécu qui nous force à marcher avec retenue, comme si nous étions des étrangers chez quelqu’un d’autre ? Les lieux gardent-ils la mémoire des pas qui les ont foulés ? Ou bien est-ce grâce à la mémoire des gens qui s’y sont enracinés – maintenant en exil – que les lieux ne meurent pas ?

Comment appréhender cet attachement à la terre, son abandon et sa résistance ? Quel genre de visiteurs serons-nous dans ces villages fantômes ? Géographes, voyeurs, détectives, sympathisants, poètes ?

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